Indicateurs de Santé

Cette phase du projet pilote de Réseau canadien sur la SMNE débutera à la fin de 2011.

Le projet pilote de Réseau canadien sur la SMNE vise à établir un nombre limité de mesures communes relatives à la SMNE qu’utiliseront les partenaires du Réseau pour le suivi et l’évaluation des activités au niveau des pays, afin d’assurer la comparabilité des partenaires. Ces mesures seront définies en consultation avec tous les partenaires du Réseau et tiendront compte des mesures recommandées dans le rapport de la Commission de l’information et de la redevabilité pour la santé de la femme et de l’enfant, coprésidée par le premier ministre canadien, Stephen Harper, et le président tanzanien, Jakaya Kikwete. (Tenir les Promesses, Mesurer les Résultats).

Télécharger le rapport intégral de Commission de l’information et de la redevabilité pour la santé de la femme et de l’enfant (Tenir les Promesses, Mesurer les Résultats – Chaque femme, Chaque enfant).

 

Les 11 indicateurs de la santé maternelle, néonatale et infantile 
(Encadré 2, page 14, Tenir les Promesses, Mesurer les Résultats)

Une série d’indicateurs a été choisie pour évaluer la situation de la santé des femmes et des enfants:

  • Taux de mortalité maternelle (nombre de décès pour 100 000 naissances vivantes) ;
  • Mortalité des enfants de moins de 5 ans, dont la proportion d’enfants mort-nés (nombre de décès pour 1 000 naissances vivantes) ;
  • Enfants de moins de 5 ans présentant un retard de croissance (pourcentage d’enfants de moins de 5 ans dont le rapport taille-âge est inférieur à -2 écarts-types par rapport aux normes de croissance de l’enfant de l’OMS).

    Ces trois indicateurs de la situation sanitaire sont essentiels au suivi des OMD. Le retard de croissance, un indicateur nutritionnel, permet de comprendre non seulement les effets, mais aussi les déterminants de la santé maternelle et infantile. La nutrition est également un indicateur utile du développement au sens large.

    Ces indicateurs sont relativement peu sensibles aux changements et ne reflètent pas les progrès sur de courtes périodes (en l’absence de systèmes d’enregistrement des naissances et des décès, ils ne peuvent être mesurés qu’à de longs intervalles). Ainsi donc, des données plus ponctuelles permettant de suivre les changements quasiment en temps réel sur une série d’interventions clés sont nécessaires pour pouvoir améliorer le suivi de la santé de la femme et de l’enfant. Cet objectif peut être atteint en suivant une série de huit indicateurs de couverture :

  • Besoin de contraception satisfait (proportion des femmes de 15 à 49 ans qui sont mariées ou en couple et dont le besoin de planification familiale est satisfait, à savoir proportion des femmes qui ne veulent plus d’enfants ou souhaitent attendre au moins deux ans pour avoir un bébé, et ont un moyen de contraception) ;
  • Couverture en matière de soins prénataux (pourcentage de femmes âgées de 15 à 49 ans qui ont mis au monde un enfant vivant et qui ont reçu des soins prénataux par un prestataire de santé qualifié au moins quatre fois au cours de leur grossesse) ;
  • Prophylaxie antirétrovirale chez les femmes enceintes séropositives pour éviter la transmission verticale du VIH, et traitement antirétroviral pour les femmes éligibles au traitement ;
  • Présence de sages-femmes qualifiées (pourcentage de naissances vivantes s’étant déroulées sous la surveillance d’un personnel qualifié) ;
  • Soins post-partum pour la mère et l’enfant (pourcentage de mères et d’enfants ayant reçu une visite post-partum dans les deux jours suivant l’accouchement) ;
  • Allaitement exclusif pendant six mois (pourcentage d’enfants de 0 à 5 mois nourris exclusivement au sein) ;
  • Trois injections du vaccin combiné diphtérie, tétanos, coqueluche (pourcentage d’enfants de 12 à 23 mois ayant reçu trois injections du vaccin diphtérie, tétanos, coqueluche) ;
  • Traitement antibiotique de la pneumonie (pourcentage d’enfants de 0 à 59 mois suspects de pneumonie mis sous traitement antibiotique).

Ces Ces huit indicateurs de couverture ont été choisis pour leur caractère stratégique et significatif : chacun s’adresse à une partie du continuum de soins et chacun est lié à d’autres dimensions de la santé et des systèmes de santé. Une mesure de la contraception est nécessaire comme traceur de la santé génésique. Les soins prénataux constituent une mesure de l’accès au système de santé et sont primordiaux pour assurer une couverture de soins adaptée, identifier les risques maternels et améliorer la situation sanitaire des mères et des nouveau-nés. Un indicateur relatif au VIH est inclus pour mettre l’accent sur la nécessité d’aller vers une approche holistique des soins, et encourager davantage l’intégration des services de santé. La surveillance de l’accouchement par du personnel qualifié, les soins post-partum et l’allaitement sont des éléments cruciaux de la continuité des soins. Le vaccin recommandé est administré de façon systématique et permet donc d’évaluer de degré d’interaction d’un enfant avec le système de santé. Enfin, la prise en charge de la pneumonie infantile est un indicateur de l’accès au traitement. Bien que le nouveau vaccin contre la pneumonie ait un potentiel d’impact à long terme sur cette maladie, sur le court terme, cette prise en charge reste une mesure importante.

Ces 11 indicateurs ont été choisis parmi les 11 indicateurs des OMD et les 39 indicateurs utilisés par le Compte à rebours 2015 pour la survie de la mère, du nouveau-né et de l’enfant. La Commission a approuvé l’utilisation de ces deux séries d’indicateurs. Toutefois, bien que l’ensemble des pays contrôle et établisse des rapports sur un grand nombre d’indicateurs de santé, les actualisations des indicateurs de la situation sanitaire reposent souvent sur des prédictions. Il existe de grosses insuffisances quant à la disponibilité de données récentes permettant d’évaluer les progrès. La Commission a donc recommandé un petit sous-ensemble de 11 indicateurs clés afin d’assurer la collecte de données cohérentes et ponctuelles, nécessaires pour que les gouvernements et les partenaires du développement assument leur responsabilité quant aux progrès liés à l’amélioration de la santé de la femme et de l’enfant, sans ajouter de contraintes aux obligations des pays en matière de rapports. Réduire la charge de travail liée à l’établissement de rapports, et notamment de rapports demandés en double, est une priorité pour la Commission et les pays à faible revenu. Il sera plus facile de recueillir de meilleures informations sur un nombre retreint d’indicateurs si les ressources des pays, peu nombreuses, sont affectées à cela ; cette approche requiert que tous les partenaires dirigent leurs efforts ainsi que leurs exigences en matière de rapports vers ces 11 indicateurs.

* Un accoucheur qualifié est « un professionnel de santé accrédité (une sage-femme, un médecin ou un/une infirmier(ère) formé et qui a acquis les compétences requises pour la prise en charge de la grossesse, de l’accouchement et du postpartum immédiat normaux (sans complication) et sait identifier, traiter ou, si besoin, prendre la décision de transférer les femmes et les nouveau-nés présentant des complications ». Pour une Grossesse à moindre risque: le rôle capital de l’accoucheur qualifié, déclaration conjointe OMS, ICM, FIGO, Genève, Organisation mondiale de la Santé, 2004. http://whqlibdoc.who.int/publications/2004/9241591692.pdf